27 novembre 2004
Repos
Encore une très belle journée qui s'annonce et comme c'est le week-end, bin ya pas terrasse aujourd'hui....ni demain....pour cause de chachats (quelle bonne excuse pffffffffffff!!!!) On va pouvoir laisser sécher les ampoules et on va aller reposer notre petit dos sur le sable chaud....
Alors.... comme on habite au milieu de la canne à sucre, on apprend plein de choses... Vous saviez que ça pousse tout seul ???? En fait, une fois que la canne est coupée, on arrose abondamment les champs (surtout ceux de la côte, car dans les hauts près de chez nous, point besoin d'eau en plus !!!!) et ça repousse.... à une vitesse grand V en plus....visiblement, un champ produit de la canne deux fois dans l'année... Et les champs arrivent à maturation de manière successive (ce n'est pas comme le blé ou le maïs où tous les champs sont récoltés à la même période), il y a donc de l'activité dans les champs toute l'année....
Donc, on coupe le champs de canne bien mûre (à la machette bien sûre : 3,50 euros la machette toute neuve pour ceux qui voudraient se reconvertir !!!!!!), la canne est chargée dans des tracteurs qui vont à la pesée à Grands Bois (il y a des balances un peu partout mais la plus proche de chez nous est à Grands Bois), puis elle est rechargée dans des containers (au moins 30 pieds le container, si si !!!!) qui vont à la sucrerie du Gol pour transformer la canne en sucre et en rhum Charette!!! Il y a des centaines de camions et de tracteurs qui circulent partout : c'est un va et vient incéssant....Et je me demande si ce n'est pas la cause principale des embouteillages quotidiens de la nationale qui mène à Saint Pierre.....Et d'après ce que je comprends, c'est comme ça toute l'année...(les embouteillages bien sûr!!!!)

Alors voilà aussi pourquoi je ferais bien la haie en canne à sucre : tu plantes une fois, tu coupes à maturation, tu fais ton rhum perso (mdrrrrrr), et ça repousse tout seul sans rien faire.... cool nan ????
Bon, plus sérieusement, cela donne aussi parfois des images étranges et une m'a marquée particulièrement.... Lorsque l'on se ballade dans les hauts en fin de journée (une précision : les hauts, c'est au dessus de 300m d'altitude), il n'est pas rare de croiser les coupeurs de canne rentrant chez eux à pieds qui se font doubler par des joggers tout sourire, frimant sur le bord de la route, la tête haute, le torse en avant (mais le ventre qui dépasse) et la foulée à peine plus alerte que celle d'un bon marcheur.... Alors que les ptits coupeurs sont crades, épuisés et trainent la patte..... Les coupeurs de canne sont plutôt agés et font partie des classes sociales les plus défavorisées (visiblement 1 sur 3 possède une voiture parce qu'il y a souvent une seule voiture garée pour 3 ou 4 coupeurs dans le champs) et si tu n'habites pas dans la même direction que ton collègue, bin tu rentres à pieds.... Et puis il y a aussi parfois 0 voiture pour 4 coupeurs..... Les joggers, eux, sont plutôt fiers bien que rabougris (un certain âge, tout juste avant la retraite !!!!!) mais ont besoin de perdre des kilos.... Ca fait un vrai contraste de voir les deux populations côte à côte.... pfffffffffffffffffffffff
Bon, je ne vous fais pas un cours de socio et ce que j'avance n'est qu'observation personnelle....
Voilà la vrai version officielle :
1 - Sucrerie du Gol
De la canne au sucre
- 1 - Alimentation
La canne est récoltée, livrée, pesée et échantillonnée sur les centres de réception de I ile, où elle est chargée par des semiremorques, appelés «cachalots» pour être acheminée vers la sucrerie. - 2 - Préparation et broyage
Arrivée à l'usine, la canne est broyée dans des moulins à rouleaux où s'exercent des pressions importantes (5oo tonnes) qui permettent de recueillir le jus (ou vesou). La fibre restante appelée bagasse, contient encore 50% d'eau et 1% de sucre, elle est envoyée à la centrale thermique pour produire de l'énergie (vapeur pour la sucrerie et électricité pour EDF). - 3 - Epuration
Après avoir été tamisé, le jus est chauffé à 105°C, ce qui a pour effet de coaguler les matières en suspension indésirables et de les faire se déposer. Cette opération se fait dans le décanteur pour obetnir le "jus clair". - 4 - Filtration
Les boues qui contiennent encore du sucre sont filtrées et séchées, on les appelle les "écumes", elles sont récupérées par les agriculteurs et servent d'engrais dans les champs. - 5 - Evaporation
Le jus clair est concentré progressivement avec la vapeur provenant de la centrale thermique et perd la majeure partie de son eau ; à l'issue de cette opération réalisée en 5 étapes, on obtient le sirop. - 6 - Cristallisation
La cristallisation (ou cuisson) a pour but de produire les cristaux de sucre. Pour déclencher la cristallisation, on introduit des grains de sucre très petits (1o microns), c'est l'ensemencement. Puis on fait grossir ces cristaux dans les cuites : on obtient alors la "masse cuite", mélange de grains et de sirop (ou liqueur). Cette masse-cuite sera refroidie lentement dans des malaxeurs, puis centrifugée dans des essoreuses pour séparer les cristaux. La liqueur finale, appelée mélasse, sera distillée pour fabrication du rhum. - 7 - Séchage
Le sucre encore humide est séché et refroidi. Puis il est acheminé vers l'unité de conditionnement Mascarin, filiale du Groupe Quartier Français. Cette usine stocke, conditionne, et transforme toute une gamme de sucres, dans les plus strictes conditions d'hygiène et de sécurité.
2 - Distillerie Riviêre du Mât
La fabrication du rhum s'effectue selon 6 phases fondamentales : la dilution de la mélasse, la préparation des levains, la fermentation, la distillation, le stockage et enfin la maturation ou le vieillissement.
- 1- Dilution de la mélasse avec de l'eau pour en réduire la densité et obtenir un moût sucré.
- 2 - Indispensable à la phase de fermentation, les levures ou levains se multiplient au contact de ce moût dans les cuves mères.
- 3 - Lorsqu'elles sont suffisamment nombreuses, les levures sont transférées dans des cuves de grande capacité où, privées d'oxygène, elles transforment le sucre du moût en alcool g. C'est la fermentation.
- 4 - À l'issue de cette étape on obtient un vin : mélange d'eau, de composés aromatiques et d'alcool titrant 8 à 10°C. Ce produit doit être purifié et monté en degré pour être consommé. C'est l'objectif de la distillation. Le vin préalablement réchauffé alimente les colonnes à distiller. Empilement de plateaux perforés, la colonne, chauffée par de la vapeur d'eau produite par une chaudière haute pression, permet de séparer l'eau de l'alcool en jouant sur la différence de température d'ébullition. L'alcool bouillant à 78°C s'évapore et monte le long de la colonne, l'eau, elle, reste en pied et sera évacuée. Le produit est épuré des composants indésirables par des extractions continues. Enfin, en tête, la vapeur d'alcool est refroidie dans des condenseurs à eau en dégageant des arômes déjà très intenses, c'est déjà du rhum.
- 5 - C'est à ce moment là un alcool incolore qui est transféré dans les cuves de stockage. :„
- 6 - Deux destinations sont prévues ensuite, la maturation pour le rhum blond, dans des foudres de chênes qui donne la couleur ou le vieillissement en fûts de chêne pour les rhums-vieux de 3, 5 ou 10 ans et plus. C'est grâce à l'extraction des tanins du bois et à l'oxygénation au travers de ses pores que le rhum trouve sa rondeur, son moelleux et son fruité. L'ensemble du processus est suivi par le cuviste et le distillateur depuis une salle de régulation et les différent paramètres sont pilotés grâce à des automatismes.
Pour la culture de bananes, c'est beaucoup plus simple et ça repousse aussi tout seul.... moi, ça m'épate ces trucs qui poussent tout seul.... Quand un bananier produit son régime de bananes, on coupe le régime lorsque quelques bananes commencent à jaunir, et immédiatement après, mais vraiment immédiatement, il y a un ou deux rejets qui poussent dans la racine et qui sont visibles au bout de 24h.... Le tronc du bananier sur lequel on a récolté le régime pourri, tombe, et en une semaine, on a un ou deux nouveaux bananiers d'un mètre ou deux, qui ne produiront des bananes que quelques semaines après....(moins de deux mois c'est sûr, mais on n'est pas là depuis suffisamment longtemps pour avoir calculé exactement le délai de reproduction! mdr, pas ksa à faire moi pffffffffff). Voilà pourquoi c'est pas cher la banane, ça pousse vite et tout le temps....Pour le sucre, c'est un ptit peu différent : il n'est pas très bon marché le sucre réunionais, mais chaque habitant de l'île se fait un devoir d'acheter la production locale et pas du Beghin Say.... même s'il n'est pas en morceaux.... Encore difficile pour les métros que nous sommes de bien doser la cuillère qui tombe dans le café.... pouahhhhhhhhhhhh, c'est trop sucré........... pfffffffffffff !!!!!!! (paske tant ke c pas trop on en rajoute... mdrrr)
Ahhhhhhhhhh les branquignols...............


